Mieux connaître le rôle de la coordination hospitalière des dons d’organes et de tissus

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La journée nationale du don d’organes se déroule, chaque année, le 22 Juin. Voilà l’occasion d’évoquer le rôle de la coordination hospitalière des dons d’organes et de tissus du GHRMSA qui a dû s’adapter aux aléas de la crise sanitaire.

En France, le prélèvement et la greffe d’organes et de tissus sont organisés sous l’égide de l’agence de la biomédecine. Cette mission est confiée aux équipes de coordination hospitalière de prélèvement d’organes et de tissus qui officient au sein d’établissements de santé autorisés, comme le GHRMSA.  La coordination est installée à l’hôpital Emile Muller, à Mulhouse, et se compose d’un médecin coordinateur et d’une équipe d’infirmier.es.

Identifier des patients, donneurs potentiels

Le rôle de la coordination est d’identifier et de suivre les patients donneurs potentiels d’organes ou de tissus et d’organiser les cas échéants les prélèvements. Dans certaines circonstances, les patients présentent des lésions cérébrales majeures qui aboutissent, malgré les efforts des équipes de soins, à la destruction complète et irréversible du cerveau du patient. Cette destruction entraine le décès du patient. Mais dans l’éventualité d’un prélèvement pour greffe, les autres organes peuvent être maintenus fonctionnels quelques heures après le décès  grâce à des techniques médicales spécifiques. La coordination intervient alors pour identifier ces patients, rencontrer leurs proches et les accompagner, et organiser le prélèvement dans les meilleures conditions. Les tissus (peau, cornées, vaisseaux,…) peuvent, eux, être prélevés plusieurs heures après le décès, lorsque l’ensemble des organes a cessé de fonctionner. L’identification des donneurs potentiels se fait alors en chambre mortuaire par l’équipe de la coordination, qui contactera là encore les proches du donneur potentiel afin de les accompagner et d’organiser un éventuel prélèvement pour greffe.

 

3 piliers : anonymat, consentement présumé et gratuité

En France, la procédure de prélèvement et de don d’organes et de tissus est encadrée par la loi de bioéthique et repose sur trois piliers : l’anonymat entre donneur et receveur, le consentement présumé du donneur et la gratuité du don.  Dans notre pays, au nom du principe de solidarité, la loi précise que nous sommes tous donneurs d’organes et de tissus, sauf si nous avons exprimé de notre vivant notre refus de l’être. Cette expression peut se faire de son vivant, soit par l’inscription sur le registre national des refus soit par l’expression écrite ou orale auprès de ses proches. Une fois l’éligibilité du patient au don établie, en collaboration étroite avec l’agence de la biomédecine et les équipes de greffe, l’équipe de la coordination s’assure du respect de ces principes, à chaque étape. Elle garantit, en particulier, le respect de l’anonymat du donneur et vérifie l’absence d’opposition au don du patient décédé.  Dans cette optique, le registre national des refus est systématiquement interrogé et les proches rencontrés. Cette rencontre est également l’occasion, quelle que soit  la position rapportée concernant le don, d’établir des liens de confiance et de proposer à l’entourage du défunt le soutien et l’accompagnement nécessaire pour affronter la perte de leur proche. Cet accompagnement se prolongera tout au long de la procédure et parfois bien après. Il repose sur une transparence complète et le respect le plus complet du corps du défunt et de ses convictions.

 

L’équipe de coordination présente à toutes les étapes du prélèvement

Une fois la procédure de prélèvement débutée, les infirmier.es de la coordination restent présents à chaque étape du prélèvement et ce jusqu’à la restitution du corps du défunt à ses proches, en chambre mortuaire. Lors des procédures de prélèvement d’organes, la coordination organise l’intervention des différents chirurgien.es et leur déplacement. Les chirurgien.es appartiennent aux équipes de greffe prenant en charge les différents receveurs. Ils arrivent de l’ensemble du territoire français (voire même de certains pays frontaliers) pour intervenir au sein du bloc opératoire du GHRMSA, en collaboration avec nos équipes soignantes. S’agissant des prélèvements de tissus, les équipes chirurgicales du GHRMSA, se rendent disponibles pour procéder aux prélèvements dans les délais nécessaires. L’aboutissement de telles procédures relève donc d’un véritable travail d’équipe associant de nombreux soignants issus de toute la France, au service des receveurs et dans le respect des donneurs.

 

Être donneurs d’organes et de tissus, un geste qui prend tout son sens

2020 a été une année particulièrement difficile pour les prélèvements et greffes d’organes et de tissus. En cause la crise sanitaire, avec notamment la prise en compte des risques initialement  méconnus pour les receveurs, les contre-indications à la réalisation de greffe et de prélèvement et la saturation des lits d’hospitalisations et la fermeture d’une partie des blocs opératoires. Autant de facteurs qui ont contraint les services de greffes et de prélèvement à adapter leurs activités. La poursuite de l’activité de prélèvement et donc de greffe n’a été possible que grâce à l’investissement, et à la solidarité des équipes de soins, des donneurs défunts et de leurs proches. Le don prend tout son sens lorsque l’on sait qu’il offre  à des patients une chance de survie, ou leur permet de gagner en espérance et en qualité de vie.

 

Se renseigner :

Site de l’Agence de la biomédecine - https://www.dondorganes.fr/

Coordination hospitalière du prélèvement d’organes et de tissus GHR: COORD-HOSPIT[at]ghrmsa.fr